PREPARATION DE LA CONFERENCE INTERNATIONALE
DE SOLIDARITE AVEC LES FEMMES PALESTINIENNES
LETTRE N°1 - 17 juillet 2006
Le comité de rédaction de Dialogue a reçu un message de Louisa Hanoune,
député à l'Assemblée populaire nationale d'Algérie et secrétaire générale
du
Parti des travailleurs d'Algérie, proposant l'organisation à Alger d'une
conférence internationale de solidarité avec les femmes palestiniennes.
Devant la gravité de la situation, nous vous communiquons ce message,
auquel
nous avons adressé une réponse positive.
Le comité de rédaction de Dialogue
MESSAGE DE LOUISA HANOUNE
AU COMITE DE REDACTION DE LA REVUE DIALOGUE
Chers amis,
Je vous communique l'information suivante : en ma qualité de député à l'
Assemblée populaire nationale d'Algérie, et de secrétaire générale du
Parti
des travailleurs, signataire de l'appel des femmes travailleuses
palestiniennes de la ville de Nazareth que la revue Dialogue a diffusé,
j'ai
proposé aux autorités de mon pays l'organisation à Alger d'une conférence
internationale en solidarité avec les femmes palestiniennes.
Le président de la République et le président de l'Assemblée nationale ont
donné leur accord officiel. La conférence aura lieu à l'Assemblée
nationale,
dans le courant du mois de novembre.
Chers amis, parce qu'elle intervient dans un contexte particulièrement
tragique pour le peuple palestinien, je voudrais vous signaler
l'im****tance
que mon pays accorde à cette initiative, et dont témoigne le large et
favorable écho qu'elle rencontre. Mais je suis convaincue que pas un
démocrate, pas un militant ouvrier ne saurait rester indifférent, dans
quelque pays que ce soit, devant les pratiques discriminatoires dont sont
victimes les femmes travailleuses palestiniennes.
Et qui peut se taire devant les atrocités en cours ?
En tant que femme algérienne, je m'adresse à toutes les femmes dans le
monde, à toutes les consciences : ne faut-il pas tout faire pour arrêter
l'
effusion de sang, pour sauver les vies humaines, sauver tous les peuples
de
la région du chaos organisé qui les guette ?
L'appel des femmes travailleuses palestiniennes de Nazareth, de par la
cruauté du sort qui leur est fait, se suffit à lui-même. Et pourtant, le 3
juillet, elles ont organisé une nouvelle manifestation à l'initiative de
l'
association Sawt El Amel, devant le siège d'Agam Mehalev, la compagnie
chargée par le gouvernement israélien d'appliquer le plan Wisconsin dont
elles sont victimes. Les témoignages de chacune des manifestantes sont
autant de tragédies familiales, produit de la ségrégation et de l'
exploitation sauvage.
En ce moment même, un véritable massacre collectif est perpétré de façon
ininterrompue par l'armée israélienne contre le peuple palestinien, déjà
affamé depuis des mois, à Gaza et en Cisjordanie, transformées en ghettos
et
en champs de ruines. Et parmi les dizaines de victimes quotidiennes,
nombreux sont les enfants, les bébés.
Un peuple qui a subi l'horreur de la Shoah peut-il accepter ce que fait le
gouvernement d'Israël ? Tous les peuples n'ont-ils pas le droit de vivre ?
Ce qui est en cause, c'est l'humanité.
Alors, je m'interroge : quelle solution est-il possible de mettre en
ouvre
pour arrêter ce bain de sang ? Toute femme, tout homme qui réfléchit à
partir de la nécessité de préserver la vie des femmes, des hommes et des
enfants en danger de mort, doit nécessairement se poser cette question.
Car peut-on laisser des populations entières se faire exterminer par la
famine et les bombes ?
Ce n'est pas moi qui le dit. L'AFP, qui est une agence officielle,
rap****te
dans ses éditions du 6 juillet les conditions atroces dans lesquelles se
débattent les femmes palestiniennes à Gaza pour faire survivre leurs
familles, parce qu'en plus des bombardements, l'aide alimentaire se fait
de
plus en plus rare en conséquence du bouclage total.
« Khan Younès (bande de Gaza) AFP 6 juillet 2006.
Dans la foule compacte qui attend une distribution d'aide alimentaire à
Khan
Younès, Solfa Hamed joue des coudes, pousse et tente de se frayer un
chemin.
"Je n'ai peur de rien. Sauf de voir mes onze enfants avoir faim", dit-elle
déterminée.
"Je ne m'en irai pas sans mon sac. Mes 11 enfants m'attendent à la maison
et
mes réserves sont vides", clame-t-elle, des gouttes de sueur perlant sur
son
visage ridé. Depuis 7 heures, sous un soleil de plomb, elle patiente pour
obtenir un colis de denrées de base : cinq kilos de riz, d'huile et de
haricots.
Dans la ruelle où se masse la foule, des policiers et des membres d'une
force spéciale du ministère de l'Intérieur tentent de la repousser avec
leur
crosse de fusil. De temps en temps, quand elle se fait trop pressante, des
coups de feu sont tirés en l'air.
(.) Après avoir réussi à tendre sa carte d'identité aux bénévoles, Solfa,
47
ans, part souffler à l'ombre d'un arbre. Elle assure n'avoir jamais connu
une telle pénurie dans la bande de Gaza, plongée dans une violence
chronique
et réoccupée partiellement dans le nord par l'armée israélienne. "Même mes
enfants les plus petits se sont habitués à vivre avec le bruit des bombes
et
des tirs. Moi non plus je n'ai pas peur. Que peut-il nous arriver de pire
?"demande-t-elle.
(.) "Dans ma famille, par exemple, personne ne travaille. Ceux qui ont des
contrats en Israël ne peuvent plus sortir de la bande de Gaza", ajoute
Soraya Aid Soobah, 55 ans, venue chercher l'aide alimentaire en boitant
après une fracture à la jambe.
(.) "La situation est terrible. Tout le monde, même les fonctionnaires,
ont
besoin d'aide", assurent des responsables de la distribution. »
N'est-ce pas un crime que de faire mourir un peuple de la sorte ?
La solution peut-elle résider dans l'écrasement d'un peuple martyrisé
depuis
60 ans ? Chacun a le droit d'avoir son opinion propre sur la solution à
même
de rétablir la paix, de consacrer la démocratie et de garantir les droits
humains pour toutes les femmes, tous les hommes et tous les enfants qui
vivent sur cette terre, à égalité.
J'ai mon opinion personnelle, qui est le produit de l'histoire de mon
pays.
Mais peut-on s'accommoder de l'extermination d'un peuple sous quelque
prétexte que ce soit ?
Je lance un appel à toutes les bonnes volontés dans le monde, à toutes les
femmes et à tous les hommes épris de paix, pour faire cesser ces
massacres,
ces destructions massives, pour faire cesser l'immonde chantage par la
faim.
Chers amis, ce sont là quelques premières réflexions. Je vous propose la
publication d'une lettre périodique pour préparer notre conférence
internationale.
Je vous tiendrais régulièrement informés des éléments de sa préparation en
Algérie, et vous demande d'en informer les signataires de l'appel, et de
leur proposer de s'associer à nous.
Je vous adresse mes cordiales salutations.
Louisa Hanoune
Alger, le 15 juillet 2006
Le comité de rédaction de Dialogue a répondu positivement aux propositions
de Louisa Hanoune, et décidé de préparer la tenue de cette conférence
internationale à Alger, en novembre prochain. Pour cela, une lettre sera
adressée régulièrement à tous les abonnés à Dialogue, à tous les
signataires
de l'appel des femmes de Nazareth, à tous ceux qui s'associeront à la
préparation de cette conférence. Une lettre n°2 communiquera de nouvelles
informations.
Nous demandons à tous de commencer à préparer les délégations à cette
conférence, dont les conditions pratiques seront définies ultérieurement.
Nous vous invitons à prendre contact avec le comité de rédaction de
Dialogue
:
DIALOGUE - 87 rue du Faubourg-Saint-Denis 75010 PARIS


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